Une nouvelle étude estime qu’au moins un ancien joueur NFL sur quatre avait une CTE

Une étude portant sur 878 anciens joueurs NFL décédés entre 2016 et 2021 estime qu’au moins un quart d’entre eux présentaient une encéphalopathie traumatique chronique.

Une nouvelle étude publiée mardi relance avec force le débat sur les conséquences à long terme des chocs répétés au football américain. Les chercheurs estiment qu’au moins un ancien joueur NFL sur quatre décédé entre 2016 et 2021 présentait une encéphalopathie traumatique chronique, plus connue sous l’acronyme CTE. Cette pathologie neurodégénérative est associée aux traumatismes crâniens répétés et ne peut être diagnostiquée de manière définitive qu’après le décès.

L’étude s’est intéressée à 878 anciens joueurs NFL morts sur cette période. Parmi eux, 235 ont fait l’objet d’un don de cerveau pour la recherche et 215 présentaient une CTE. Les auteurs insistent toutefois sur un point méthodologique important : les joueurs dont les familles acceptent un don de cerveau peuvent être davantage susceptibles d’avoir présenté des symptômes neurologiques. Le chiffre de 215 cas parmi 235 dons ne peut donc pas être appliqué directement à l’ensemble des anciens joueurs décédés.

Un minimum estimé à 25 %

Pour contourner ce biais, les chercheurs de Mass General Brigham, Boston University et de la Concussion & CTE Foundation ont travaillé à partir de l’ensemble des 878 décès recensés. Leur conclusion est qu’au moins 25 % de ces anciens joueurs avaient développé une CTE. Les chercheurs estiment aussi que la mortalité liée aux maladies neurodégénératives chez les joueurs NFL est environ quatre fois supérieure à celle observée dans la population générale.

L’un des enseignements majeurs concerne l’accumulation des impacts bien avant l’arrivée en NFL. Les auteurs soulignent qu’une part importante des chocs à la tête subis au cours d’une carrière intervient au lycée, à l’université et parfois dès les catégories de jeunes. La question dépasse donc largement la seule ligue professionnelle.

La NFL rappelle les mesures déjà prises

La NFL a réagi en rappelant les différentes mesures mises en place pour réduire les commotions et les impacts à la tête. Depuis la convention collective de 2011, le nombre d’entraînements avec contact a notamment été limité. La ligue affirme également continuer à développer les ressources destinées à la santé physique et mentale des joueurs et anciens joueurs.

Les chercheurs plaident pour aller plus loin dans la réduction des contacts à l’entraînement à tous les niveaux du football américain. Selon eux, près de 70 % des impacts à la tête interviennent pendant les séances d’entraînement. Sans modifier le nombre de matchs, une baisse de ces contacts pourrait donc réduire significativement l’exposition cumulée des joueurs au cours de leur carrière.

Cette étude ne clôt évidemment pas le débat scientifique autour de la CTE, mais elle ajoute un nouvel élément majeur à un dossier qui influence depuis plusieurs années les règles, les protocoles médicaux et la manière dont la NFL aborde la sécurité des joueurs.